Lettre d'un soldat allemand à sa famille
(sur un papier à en-tête du 4ème RI)

Traduction de M. Jacques Le Maître

Mes Chers !

Reçu de vous hier 3 colis des 24 et 25 juillet avec la lettre, les cigarettes et le briquet, le tout arrivé intact. Je vous remercie bien cordialement pour tout et d'avoir ainsi grandement exaucé mes souhaits. J'avais toujours douté des suites de ma lettre car j'ai appris par certains que toutes ces choses avaient été retirées du commerce.
Mais Thés a des relations sûres et je le remercie particulièrement. Ainsi, je suis à nouveau heureux du remplacement de mon dernier briquet que j'ai perdu en Flandre, le 28 mai, un jour que je n'oublierais jamais, et chaque fois que j'ai besoin de feu je pense à la journée d'Armentières, près de Lille. A savoir : nous étions là, fortement encadrés par les fortifications de la ville de Lille, si bien que la boue volait au-dessus de nos têtes. Mais, cependant, nous devions souvent en rire lorsque nous nous racontions cette affaire. Comme les choses sont faciles lorsqu'on est passé à travers. En gros, tout me revient. Comme si le temps s'était arrêté.
J'aurais beaucoup à vous écrire encore et espère que rien ne viendra se mettre en travers pour que je puisse aller vers vous – aux environs de la mi-septembre – pour trois semaines de permission. Je reçois également, à l'instant, une lettre de vous du 29 juillet pour laquelle je vous remercie pareillement. Je peux me représenter comment vous allez et où Hans a dû partir.
Il faut espérer que l'amélioration de l'état de santé de Papa se poursuive, ce qui manquait jusque là. Bien, je termine pour aujourd'hui et souhaite à Papa un très bon rétablissement et adresse mes cordiales salutations à vous tous, de votre fils et frère.

Willy

Au revoir !

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