Le Journal du Maquis - Septembre 1944

nous était donné, il y a quelques jours, d'être reçus par les acclamations de la population auxerroise.
Ce sont les meilleurs de nous qui sont tombés ou qui sont écartés de nos efforts du moment. Ayons leur conduite constamment sous les yeux. Rappelons-nous leur ligne de conduite. Parallèlement, observons et jugeons celle des « collaborateurs» qui croient bon d'affecter bruyamment et d'une façon que les plus timorés qualifient d'indécence, la chaleur, la force de leurs opinions... toutes nouvelles.
...A nous les gars, d'effacer cette honte. Que l'on reconnaisse, sur chacun de vous, l'esprit de vos Chefs, l'esprit du Maquis. Que dans vos yeux et dans vos gestes s'étale la camaraderie franche et loyale qui a toujours régné parmi nous.
Mes petits gars, je vous ai demandé au cours de notre vie commune, maints efforts. J'ai confiance en vous tous, je peux vous demander, je vous demanderai davantage.
Marchez tous la main dans la main, le front haut. Faites bloc, vous serez forts ; rappelez-vous toute notre vie passée ; je suis, je reste avec vous, le camarade de toujours.

Allons-y les gars et VIVE LA FRANCE !
Commandant Départemental Maquis

Attaque du maquis de Boutissaint

Le 9 août, 250 allemands arrivés la nuit précédente attaquent au matin le maquis de Boutissaint qui, malgré la préparation allemande, arrive à décrocher sans avoir de pertes à déplorer. Au même moment, le P.C. du Commandant Georges était attaqué, le décrochage a lieu, seule la secrétaire est arrêtée et emmenée à Cosne.
Le même jour, à Saint-Sauveur, un camion F.F.I. qui allait se ravitailler en charbon de bois est attaqué par les allemands ; le chauffeur est arrêté et emmené à Cosne. Les deux prisonniers, ramenés à Saint-Sauveur, s'évadent pendant l'accrochage de la voiture Rimbault.
Le Lieutenant M. Rimbault, venant de mission, est tué dans sa voiture, le Docteur F... et le Lieutenant Bernard, faits prisonniers, furent relâchés par la suite.
La 3ème Compagnie, envoyée en renfort, capture un side-car et deux officiers allemands.
Les pertes allemandes, quoique nombreuses, n'ont pas pu être dénombrées avec certitude. Du côté F.F.I. nous avons à déplorer la mort du Capitaine Marceau, du Sergent René et d'un volontaire. Un fermier, père de six enfants, est arrêté, sa .ferme est brûlée ainsi que le P.C.
La 2ème Compagnie de sédentaires arrête un espion allemand, chargé d'un message chiffré à porter à Boulogne-sur-Mer.

Attaque de Lainsecq

Le 23 août, une colonne ennemie, forte de 15 blindés et d'environ 150 camions, arrive à Lainsecq le matin à 6 h. 10. Il reste encore, dans le village, une section F.F.I. Cette section ayant été repérée, les allemands tirent sur plusieurs objectifs, blessant très grièvement un enfant du village, après quoi ils entrent à Lainsecq.
Le sédentaire Michaud tue un ennemi et en blesse un autre à la sortie de leur véhicule, sa maison est canonnée ainsi que le presbytère.
Les allemands entrent à l'infirmerie et, sur l'indication d'un blessé allemand soigné là, fusillent deux Alsaciens-Lorrains. Un autre allemand soigné à l'infirmerie, parvient à sauver les autres malades. Ce prisonnier reste sur place et deux autres blessés refusent de quitter l'infirmerie.
Deux agents de liaison, les cousins Planson (17 ans), sont fusillés ; la ferme du Capitaine Dédé est incendiée, les allemands tiraillent dans toutes les fenêtres et emmènent quelques jeunes.
Pertes allemandes : une dizaine d'hommes.
La 7ème Compagnie arrête, entre Saint-Amand et Saint-Sauveur, un camion allemand qui est rendu inutilisable.