AUX POPULATIONS
DE LA FRANCE
OCCUPEE

Il y a quelques mois, nous avons annoncé notre intention de bombarder en France occupée les usines qui travaillent pour le compte de Hitler. Nous savions d'avance que vous approuveriez cette décision. Depuis nos visites vous nous avez fourni la meilleure preuve de votre approbation. Hommage et merci à ceux qui ont su rendre ces visites encore plus efficaces.
Nous savons ce que vous faites pour diminuer les effets de votre collaboration forcée. Mais, seuls, vous ne pouvez pas tout faire. C'est pourquoi nous venons vous aider.
Votre travail silencieux et nos bombes n'ont qu'un seul but. Ce que vous faites, sans répit, pour ralentir la production sera, à la longue, plus important que les dégâts causés par nos bombes. Les coups que vous portez à l'ennemi sont plus lourds, parce que plus continus que les nôtres.
Nous reviendrons - mais entre temps nous comptons absolument sur vous pour ne pas relâcher, en quoi que ce soit, vos efforts.
Le moment est bien choisi. Aujourd'hui nos efforts combinés peuvent atteindre leur effet maximum. L'ennemi qui, il y a un an, paraissait tout-puissant, se trouve aujourd'hui dans une situation critique. Harcelé en Russie et en Afrique, il a besoin de tout pour rééquiper ses armées. En Russie, si jamais il veut éviter la défaite totale, il n'a que peu de temps pour réparer ses énormes pertes en matériel.
Ouvriers français, vous êtes de nouveau en état de porter des coups directs contre les armées allemandes.
Ne craignez pas que les bombes que nous lançons en France diminuent le poids de nos attaques contre les centres industriels et stratégiques en Allemagne. C'est là notre principale- tâche - et elle durera aussi longtemps qu'il le faut.
En France, comme ailleurs, nos opjectifs sont choisis d'après des renseignements précis, et afin de donner les résultats les plus immédiats.
Nous viserons aussi exactement que possible, et... nous connaissons notre affaire. Il y aura, cependant, des bombes qui passeront fatalement à côté.
Aidez-nous à éviter les pertes de vies françaises.
Mettez-vous à l'abri.
Éloignez, si possible, vos familles du voisinage de tout objectif éventuel. Ces objectifs, vous les connaissez aussi bien que nous.
Réclamez des mesures de protection absolue.

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